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Daniel Pipes est président du Forum sur le Moyen-Orient et membre visiteur distingué de l'Institut Taube à l'Université de Stanford. ©2012 by Daniel Pipes. Tout droit réservé.

Les Arabes israéliens, qui représentent un cinquième de la population d'Israël, peuvent-ils être des citoyens loyaux à l’État juif ? C'est pour tenter de répondre à cette question que je me suis rendu récemment dans les villes mixtes d'Israël, celles qui possèdent une population juive et arabe importante telles que Jaffa, Baqa al-Gharbiya, Umm el Fa'hem, Haïfa, St Jean d'Acre, Nazareth, les Hauteurs du Golan et Jérusalem. De facto, il convient de l'affirmer : la plupart des citoyens arabes d'Israël vivent, dans l'État juif, un véritable conflit. D'un côté, ils perçoivent parfaitement que l'État d'Israël est un État juif, avec le Judaïsme comme religion privilégiée, avec la Loi du Retour qui accorde la nationalité israélienne à tout Juif qui s'installe sur la Terre d'Israël, avec l'hébreu comme langue principale du pays, avec l'étoile de David sur le drapeau bleu et blanc. D'un autre côté, ils apprécient la réussite économique du pays dans lequel ils vivent, le niveau des soins médicaux, les lois et le fonctionnement de la démocratie. Ces paradoxes trouvent leur expression de différentes façons. La petite population arabe de 1949 s'est multipliée par dix et a acquis les compétences modernes tout en reprenant confiance en elle. Certains membres de cette communauté occupent des postes prestigieux et à responsabilité, comme le juge de la Cour suprême Salim Joubran, l'ancien ambassadeur Ali Yahya, les anciens ministres Raleb Madjadle et le journaliste Khaled Abu Toameh. Mais ceux-ci représentent peu de choses face aux masses de mécontents qui s'identifient avec la Journée de la terre et la Nakba. De façon révélatrice, la plupart des parlementaires arabes israéliens, comme Ahmed Tibi et Haneen Zouabi sont au premier rang de l'antisionisme et les Arabes Israéliens ont de plus en plus recours à la violence contre leurs concitoyens juifs. En fait, ceux-ci vivent deux contradictions. Même s'ils souffrent de discrimination en Israël, ils bénéficient de plus de droits et d'une stabilité bien plus solide que tout autre Arabe vivant dans un pays souverain voisin comme l’Égypte ou la Syrie. Mais ils détiennent la nationalité d'un pays que leurs frères Arabes calomnient et menacent de destruction. Mes conversations en Israël m'ont amené à déduire que ces contradictions empêchaient les réelles discussions aussi bien chez les Juifs que chez les Arabes, sur les véritables implications de cette existence singulière des Arabes israéliens. Généralement, mes interlocuteurs rejettent les questions sur l'islam. Il paraît presque inconvenant de mentionner les préceptes islamiques que les Musulmans (qui représentent 84 % de la population arabe israélienne) appliquent. Cette dérobade me rappelle la Turquie d'avant 2002, lorsque la majorité des Turcs assumaient la révolution d’Atatürk et assuraient que le courant islamique resterait en marge de la société. Pourtant, ils avaient tort : dix ans après que les islamistes ont pris le pouvoir démocratiquement en Turquie, le gouvernement actuel applique de plus en plus de lois islamistes et installe un pouvoir néo-ottoman dans la région. La même évolution est à prévoir en Israël. Les citoyens musulmans d'Israël vont continuer à grandir en nombre, en compétences et en confiance, pour devenir simultanément plus intégrés à la vie du pays et plus désireux de se débarrasser de la souveraineté juive. De la même façon qu'Israël doit surmonter les menaces extérieures, les Arabes israéliens vont devenir une plus grande source de préoccupation. Face à cela, que faut-il faire ? Les Chrétiens du Liban ont perdu le pouvoir parce qu'ils ont intégré trop de Musulmans, sont devenus minoritaires et donc incapables de diriger le pays. Israël doit tirer les leçons de cet exemple et veiller en procédant à un réajustement de frontières) freiner le nombre de citoyens arabes. De façon ironique, la principale entrave à ces mesures vient du fait que la plupart des Arabes israéliens désirent énergiquement rester des citoyens déloyaux de l’État juif tandis que de plus en plus de Musulmans du Moyen-Orient aspirent, eux, à devenir Israéliens dans le cadre de ce que l'on appelle l'Alya musulmane. Ces préférences risquent de poser problème au gouvernement israélien et pourrait de facto transformer le silence relatif d'aujourd'hui en une crise future
Daniel Pipes est président du Forum sur le Moyen-Orient et membre visiteur distingué de l'Institut Taube à l'Université de Stanford. ©2012 by Daniel Pipes. Tout droit réservé.
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