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« La  confrontation  entre  les  islamistes  et  le  pouvoir  militaire  égyptien  n’est  qu’une  question  de  temps ! »
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 No 25 avril 2012, Moyen Orient

Jacques Nériah, expert en Affaires proche-orientales et sécuritairesSpécialiste au Centre des Affaires publiques et de l’État (CAPE-JCPA) pour les grands dossiers stratégiques de la région et ex-conseiller aux Affaires étrangères du Premier ministre Its’hak Rabin, Jacques Nériah fait ici le point sur la confusion politique croissante au Pays du Nil et sur l’instabilité sécuritaire de plus en plus patente régnant dans la presqu’île du Sinaï.
Hamodia :  La  confrontation  entre  le  gouvernement  militaire  égyptien  (GME)  et  les  partis  islamistes  est-elle  inévitable ?
 
- Jacques  Nériah :  Au vu des circonstances
actuelles, il ne peut y avoir d’autre solution que l’affrontement
entre ces deux forces politiques
aux intérêts et aux objectifs contradictoires. Ce n’est d’ailleurs maintenant qu’une simple question
de temps. Il n’y a en effet plus aucune place entre elles pour un compromis, surtout depuis que les islamistes -   et parmi eux les Frères musulmans (FM) - ont décidé d’accaparer
le pouvoir dans les trois grandes instances institutionnelles
de l’Égypte  : le parlement et le Comité chargé de rédiger la nouvelle
constitution - ce qui est déjà fait  -, et aussi la présidence qui sera l’objet d’élections nationales à la fin mai...
Quand l’heure viendra de ce télescopage,
en fait, la principale arme des islamistes sera la multiplication
de manifestations massives dans les rues du Caire, d’Alexandrie
et de toutes les grandes villes du pays, jusqu’en haute Égypte afin de paralyser le GME. Un processus dont on a déjà vu les prémices le vendredi 21 avril, place Tahrir au Caire, avec le rassemblement de masse des islamistes…
- Comment  réagira  alors  le  pouvoir  militaire ?
 
- Lorsque tout cela prendra encore plus d’ampleur aux quatre coins de l’Égypte, le GME ne pourra réagir par la force brutale en faisant tirer l’armée sur les cortèges de masse, car il se discréditerait définitivement
aux yeux du peuple. Il est donc probable que pour briser sa paralysie voulue par les islamistes, il aura alors recours aux méthodes de répression héritées de Sadate et de Moubarak en multipliant les opérations et les « coups de poing  » policiers nocturnes contre les islamistes.
En tous cas, une chose est certaine 
: l’Égypte est entrée dans une phase de haute instabilité. D’autant que la vieille garde militaire qui tient le GME - dont le maréchal Tantaoui lui-même  - n’est plus très jeune et ne saurait donc gérer pour longtemps l’avenir du pays.
- On  assiste  de  surcroît  à  une  radicalisation
 islamiste  tous  azimuts  chez  les  Bédouins  du  Sinaï  qui  se  départagent  désormais  entre  affiliés
 à  Al  Qaïda,  partisans  du  Hamas  de  Gaza,  et  même  supporters  d’un  nouvel  extrémisme  religieux  d’obédience
 chiite.
- Plus que toutes les propagandes idéologiques ou religieuses de tel ou tel courant musulman, c’est en fait la terrible crise de l’industrie touristique égyptienne qui sévit depuis au moins deux ans qui a encore plus ouvert les portes de cet embrigadement islamiste qui voit les réseaux Al Qaïda être bien implantés
au sud du Sinaï, alors que le Hamas sunnite - mais pro-iranien  - est plus fort au nord de la péninsule devenue une base terroriste anti-israélienne 
!
- Face  à  cela,  qu’est-ce  que  veut…  et  peut  faire  le  gouvernement  égyptien  actuel ?
- Le GME dispose théoriquement des moyens militaires pour stabiliser
- au moins en partie  - la dangereuse
confusion sécuritaire qui s’étend dans tout le Sinaï depuis plus d’un an, mais il n’en a pas vraiment la volonté. Car il ne peut se battre que sur un seul front à la fois  : celui, bien plus prioritaire pour lui, des tensions intérieures dans les grandes villes du pays où les islamistes tiennent la rue.
- Dans  ces  conditions,  la  couteuse  barrière  de  sécurité  qu’Israël  est  en  train  d’ériger  sur  le  long  tracé  frontalier
 avec  l’Égypte  constitue-t-elle  une  solution  sécuritaire  efficace ?
 
- Elle pourra être un sérieux barrage
contre les tentatives d’infiltrations
de clandestins africains ou même contre les trafiquants bédouins
d’armes et de drogue parvenant
jusque-là sans encombre par convois entiers de véhicules sur cette frontière-passoire. Mais elle n’arrêtera pas à 100  % les commandos
terroristes les plus décidés, ni son contour souterrain par le creusement à prévoir de nombreux tunnels. Exactement comme depuis
une décennie dans la région de Rafiah au sud de la bande de Gaza  !
- Alors,  qu’est-ce  que  peut  et  doit  faire  Israël  face  à  tous  ces  dangers ?
- Tout d’abord, il ne faut surtout pas qu’Israël laisse se détériorer et s’exacerber ses relations avec l’Égypte, ni qu’il mène à l’avenir des actions de riposte trop violentes
en cas de nouveau « coup dur  » terroriste au sud du pays.
Il nous faut aussi poursuivre le plus discrètement possible et à l’abri des médias notre coopération militaire avec les Égyptiens, tout en continuant
de pousser les Américains à « modérer  » les dirigeants du Caire, qui ont beaucoup besoin d’eux pour les 2 milliards de dollars d’aide annuelle
prodiguée par Washington et pour l’appui des USA à leur demande
de financement de leur immense
dette par le FMI. En un mot, il faut absolument que Jérusalem agisse avec doigté et intelligence… et surtout pas « comme un éléphant dans un magasin de porcelaine  !