 |
 |
 |
François Hollande officiellement investi président de la République
...Plus
|
 |
 |
Les antiques synagogues de la Vieille ville de Jérusalem
La Vieille ville de Jérusalem, libérée il y a tout juste 45 ans, renferme des synagogues à l'histoire plusieurs fois centenaire. Hamodia vous propose de remonter le cours de l'Histoire pour en ...Plus
|
 |
 |
Les candidats à la législative réagissent à l'élection de François Hollande
François Hollande à peine élu à la présidence de la République, et les yeux sont déjà tournés vers le « troisième tour », les législatives, qui auront lieu les 3 et 17 juin prochains. À ...Plus
|
 |
 |
Qui êtes-vous Joseph Tédesco ?
La question de la préservation des cimetières juifs de France est un dossier qui préoccupe depuis de longues années la communauté.
Parmi les tombes menacées jusqu'à récemment d'exhumation, ...Plus
|
 |
 |
Une influence musulmane grandissante - même aux États-Unis ?
...Plus
|
 |
|
 |
Petite histoire des micmacs politiques en Israël…
Binyamin Nétanyaou n'est bien entendu pas le premier homme politique israélien à jouer un tour de passe-passe à toute la scène politico-médiatique. En 64 ans d'existence, l'État d'Israël affiche en effet un lot plutôt impressionnant de combines, micmacs et autres tours de passe-passe qu'Hamodia se fait un plaisir de rappeler à votre souvenir.
Le Premier ministre Binyamin Netanyaou a surpris tout le monde mardi dernier, lorsqu'il a annoncé que les élections qu'il avait lui-même contribué à anticiper étaient finalement annulées et que Kadima et ses 28 députés entraient dans la coalition. Le chef du gouvernement, que même ses détracteurs appellent volontiers « le magicien », est parvenu, par un tour de passe-passe politique, à s'assurer une stabilité politique sans précédent pour l'année et demie à venir.
Mais ce n'est pas la première fois que la scène politique israélienne connaît ce genre de retournement de situation.
1976 : La combine brillante
Le micmac politique qui sera surnommé la « combine brillante » a eu lieu en 1976. Il a certes permis au gouvernement branlant d'Its'hak Rabin de tenir six mois supplémentaires sans être menacé de chute, mais il a dans le même temps permis la fin de l'hégémonie de la gauche et la montée au pouvoir de Menahem Bégin, en 1977.
Les partis religieux sont intimement liés à cette affaire. En décembre 1976, le Front religieux torani dépose une motion de censure contre le gouvernement, après que plusieurs ministres ont participé à une cérémonie en l'honneur des premiers F15 de l'Armée de l'Air israélienne, cérémonie qui s'était terminée après l'entrée du Chabbat. Deux ministres du Parti National religieux décident de s'abstenir lors du vote de la motion de censure et Rabin choisit de considérer cette abstention comme une démission. Quelques jours plus tard, Rabin annonce qu'il a l'intention de démissionner et la Knesset est dissolue. Le Premier ministre obtient ainsi six mois de tranquillité politique en tant que Premier ministre d'un gouvernement d'intérim.
Mais cette combine brillante se révèlera être à double tranchant puisqu'elle enverra la gauche au désert politique durant de longues années…
1990 : la combine nauséabonde
L'un des micmacs politiques les plus célèbres est surnommé « la combine nauséabonde ». C'est Its'hak Rabin qui a inventé ce surnom, mais ce sont Shimon Pérès et les partis orthodoxes qui en furent les acteurs principaux.
Cet épisode peu reluisant de l'histoire de l'État a lieu en 1990. À cette époque, Its'hak Shamir (Likoud) dirige le gouvernement d'union nationale et Shimon Pérès (Maara'h, l'ancêtre du Parti travailliste) est ministre des Finances.
Au début de l'année 1990, James Baker, alors Secrétaire d'État, propose à Israël d'entamer des négociations avec des représentants palestiniens issus de Judée, de Samarie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est. Pérès exige que ces pourparlers aient lieu, Shamir refuse catégoriquement. Pérès, aidé par 'Haïm Ramon et Yossi Beilin, signe alors un accord secret avec Arié Déry et le parti Shas. Le but de cet accord : faire tomber le gouvernement Shamir.
L'accord à peine signé, le Maara'h présente une motion de censure contre le gouvernement Shamir, arguant son refus de répondre positivement à la proposition de Baker. Shamir congédie immédiatement Pérès. Les autres ministres du Maara'h présentent les uns après les autres leur lettre de démission.
Le 15 mars, la motion de censure est adoptée par la Knesset par 60 voix contre 55. Les députés de l'Agoudat Israël votent pour tandis que ceux de Shas (exception faite du ministre Its'hak Péretz) choisissent de s'absenter pendant le vote, permettant ainsi la chute du gouvernement Shamir.
Il faut donc former un nouveau gouvernement et c'est à Shimon Pérès que le Président 'Haïm Herzog confie cette tâche. Mais les négociations s'avèrent plus difficiles que prévu puisque le rav Cha'h, le dirigeant spirituel du parti Déguel Hatorah, s'oppose catégoriquement à l'entrée de Shas dans un gouvernement de gauche laïc. Suite à cette opposition virulente, le rav Ovadia Yossef, le dirigeant spirituel de Shas, refuse de permettre à son parti de rejoindre le gouvernement Pérès.
Seule la Agoudat Israël, le troisième parti orthodoxe de la Knesset, accepte de faire partie de la coalition, mais ses cinq députés ne confèrent à Pérès que 60 voix (39 du Maara'h, 10 de Méretz, 5 de la Agoudat Israël, 4 de « 'Hadach et 2 des partis arabes) alors qu'il en faut 61 pour que la Knesset entérine le nouveau gouvernement.
Finalement, c'est grâce à la voix d'un député indépendant, Avraham Chrir, que les 61 voix sont réunies.
Le 11 avril, Shimon Pérès présente sa coalition, mais on assiste alors à un nouveau retournement de situation dès le lendemain. Alors que la Knesset s'apprête au vote, on constate que deux députés de la Agoudat Israël manquent à l'appel : Avraham Verdiger et Éliézer Mizra’hi. Ils obéissent ainsi à l'injonction du rabbi de Loubavitch qui avait interdit aux deux députés, issus respectivement des 'hassidout Tche'henov et 'Habad, d'entrer dans un gouvernement qui envisagerait des concessions territoriales. Plus tard, on apprendra que Mizra'hi n'était pas présent lors de la signature de l'accord de coalition et que Verdiger avait tout simplement fait semblant de la signer !
Face à cette situation humiliante, Pérès n'a de choix que de demander un nouveau délai au Président Herzog, mais, le 26 avril, bredouille, il est contraint de renoncer et de passer le flambeau à celui qu'il a désisté de son poste, Its'hak Shamir, qui parvient finalement à réunir les voix nécessaires pour obtenir la majorité à la Knesset et former un nouveau gouvernement, cette fois-ci sans le Maara'h.
1995 : Alex Goldfarb et la Mitsubishi
Alex Goldfarb était électricien jusqu'à ce que Raphael Eytan (Rafoul), l'ancien chef d'état-major et leader du parti de droite Tsomet ne le sorte de ses câbles, plombs et disjoncteurs et ne lui propose de rejoindre la politique et son parti.
Goldfarb est élu député et sa carrière politique serait restée inaperçue si Its'hak Rabon ne s'était pas lancé dans l'aventure des accords d'Oslo. En effet, le Premier ministre ne souhaitait pas vraiment que ces accords passés entre Israël et l'Autorité palestinienne soient entérinés par la Knesset uniquement grâce aux voix des députés arabes qui lui auraient conféré la majorité requise. Il chercha donc deux députés qui lui permettraient d'obtenir une majorité « juive » et c'est tout naturellement vers Alex Goldfarb et son acolyte de Tsomet, Gonen Séguev, qu'il se tourna.
À Goldfarb, il proposa un poste de vice-ministre dans son gouvernement et à Séguev, un peu plus ancien en politique, un poste de ministre.
Ainsi, Goldfarb et Séguev vendirent les voix de la droite qui les avait élus à la Knesset contre un plat de lentilles ou plutôt contre un salaire confortable et… une voiture de fonction, en l'occurrence une Mitsubishi. Durant des années, cette Mitsubishi fut le symbole de la corruption politique, jusqu'à ce que Goldfarb et Séguev ne retournent à l'anonymat duquel ils n'étaient sortis que pour permettre aux accords d'Oslo d'être adoptés.
2000 : Katsav le challenger bat Pérès le favori
Shimon Pérès a dû avaler pas mal de couleuvres durant sa carrière politique. Une des plus marquantes a eu lieu en 2000, lorsqu'il s'est présenté pour la première fois à la Présidence de l'État.
Pérès était certain de gagner son adversaire, Moché Katsav, un député pas vraiment charismatique et même carrément terne. Il l'était d'autant plus qu'il était persuadé que les excellentes relations qu'il entretenait avec le rav Ovadia Yossef lui assureraient le soutien des 17 députés de la formation orthodoxe séfarade. Mais Pérès était manifestement trop optimiste puisque finalement, les députés Shas ont finalement préféré le challenger originaire d'Iran à l'homme politique (trop?) expérimenté.
2004 : Sharon se moque des membres du Likoud
Lorsque le 18 décembre 2003, Ariel Sharon présente pour la première fois son plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza, il se doute bien que ceux qui l'ont hissé au poste de Premier ministre, les électeurs du Likoud, sont majoritairement opposés à ce plan. En effet, une des phrases clés de Sharon durant sa campagne électorale a été : « Le sort de Nétsarim est le même que celui de Tel-Aviv », ce qui signifiait que Nétsarim, une des localités juives de la bande de Gaza, ne serait jamais démantelée.
Mais Sharon est un bulldozer et lorsqu'il a décidé de faire quelque chose, rien ne l'en empêche.
Lorsque le comité central du Likoud annonce la tenue d'un débat autour de la question du retrait, Sharon contourne le problème et propose la tenue d'un référendum entre les membres du Likoud. Il est sûr de sa victoire, les sondages prédisant une large marge de 20 % en faveur du désengagement.
Le référendum a lieu le 2 mai et les résultats sont flagrants et constituent un camouflet pour le Premier ministre puisque 59.5 % des membres du Likoud se prononcent contre le retrait et 39.7 % seulement pour.
Sharon décide alors de se désintéresser totalement des résultats du référendum qu'il a lui-même initié et affirme dans un communiqué qu'il continuera de diriger le pays « comme bon lui semble »…
Une solution en vue
L'entrée de Chaoul Mofaz et de son parti, Kadima, dans le gouvernement Nétanyaou, a réveillé le débat qui accompagne l'État d'Israël depuis des décennies, à savoir la pertinence du fameux scrutin à la proportionnelle qui est, à priori, le mode le plus démocratique qui puisse être puisque tout le peuple est représenté, chaque tendance au prorata des résultats obtenus, mais qui, de facto, place les grands partis en position d'otages des petits partis. Ces micmacs qui surgissent toutes les « x » années sur la scène politique israélienne en sont la conséquence directe, personne n'émet de doute là-dessus. La réforme du système électoral, prévue dans l'accord entre Nétanyaou et Mofaz, est censée mettre un terme ou tout au moins à réduire ce phénomène. La question est de savoir si les grands partis parviendront à l'imposer aux petites formations…
Des condamnations à sens unique
(un texte signé Ari Chavit paru dans le Haaretz)
Dans les années 70, Menahem Bégin affirmait qu'il ne renoncerait jamais au Sinaï et même qu'il s'y installerait. 6 mois après avoir été élu Premier ministre, il renonce au Sinaï. En été 1992, Its'hak Rabin se rend sur le Plateau du Golan et promet à ses habitants qu'il ne se retirera jamais du Golan. Un an après, il propose au Président syrien de se retirer intégralement du Plateau. La veille des élections de 2003, Ariel Sharon affirme que « le sort qui prévaut à Nétsarim est le même que celui qui prévaut à Tel-Aviv ». Deux ans après, Sharon détruit Nétsarim de fond en comble. En automne 2005, Shimon Pérès se présente à la tête du Parti travailliste, affichant une fidélité totale à sa formation politique. Trois semaines après sa défaite, il rejoint Kadima, ce qui entraîne une crise sans précédent au sein du parti dont il a été membre toute sa vie.
Chacune de ces promesses non tenues et chacun de ces principes violés ont été accueillis par des bravos. Ces bravos n'étaient pas le fruit du hasard. Durant des décennies, le centre et la gauche ont rêvé d'un dirigeant à la De Gaulle, un dirigeant brutal, qui trahirait ses principes et ses électeurs et exécuterait l'idéologie de ses adversaires. C'est pourquoi, à chaque fois qu'un homme de droite ou qu'un militaire réalisa le fantasme gaulliste, il a été porté aux nues. Lorsque Bégin le nationaliste ne tint pas ses promesses, il devint un géant. Lorsque Rabin le faucon ne tint pas ses promesses, il devint le héros de la paix. Lorsque Sharon le brutal ne tint pas ses promesses, il devint un Étrog. Et même lorsque Pérès le détesté ne tint pas ses promesses, il devint le chouchou des médias. Tout acte impliquant la violation de promesses ou de principes et servant la cause de la gauche, de la paix ou d'une autre mode a immédiatement été considéré comme un acte de pur héroïsme, même si ces actes étaient antidémocratiques. Ceux qui ont réalisé ces actes ont immédiatement été hissés aux nues et considérés comme des chefs d'État de la plus grande envergure.
Chaoul Mofaz n'a certes pas tenu ses promesses (il s'était engagé à ne jamais entrer dans le gouvernement Nétanyaou NDLR), mais a respecté le principe qu'il avait maintes fois défendu, à savoir la création d'un gouvernement de centre droit.
Il n'a pas trahi ses valeurs ni vendu ses principes. Mofaz a dû ravaler quelques discours superflus tenus dernièrement, mais il est resté davantage fidèle à lui-même que Bégin, Rabin, Sharon et Pérès.
|
 |
|
 |
 |
ABONNEMENT
News + Magazine*
Cliquez ici pour
vous abonner au journal & au magazine
Offre Spéciale*
Abonnement annuel au journal avec le magazine au prix de 55 euros/230 shekels |
|
 |
|
 |
|
 |